Après mon atelier du TeknSeo 2016, Laurent m’a cuisiné par téléphone sur ma présentation, le cocon, le site parfait et comment plaire à un robot.
J’ai fait le transcript de cet échange et ajouté des images pour tous ceux qui comme moi, ont du mal avec le contenu exclusivement vidéo.

Monsieur Sylvain, bonjour ! / Salut Laurent ! / Comment ça va ? / Eh bien , ça va bien, et toi ?
LB: Ben écoutes, pas trop mal. J’étais en train de regarder « Dashboard stratégique avec Excel et Google Doc », mais sauf que toi c’est pas ça, c’est « Plus loin que le cocon, réconcilier le SEO et l’UX ».


SD: Voilà, plus loin que le cocon… il fallait le faire
LB: Benoit m’a filé vos slides…
SD: Ca ne va pas t’avancer beaucoup…
LB: Ouais, parce que je suis en train de parcourir, c’est un peu crypté là.
Donc, parle moi de la coévolution alors, qu’est ce que j’ai manqué en ne venant pas à ton atelier ?
SD: Ah, et bien je suis parti un peu loin parce que j’ai essayé de prendre un peu de recul, de sortir du SEO technique « pur » pour introduire d’autres notions un peu plus proches du monde animal notamment, avec oui, la coévolution, la simplexité, des exemples d’algorithmes issus du monde animal… et des choses que Google peut utiliser à priori de la même façon dans ses algorithmes à lui.
LB: Parce que n’oublions pas que là on est au niveau ultime du cocon sémantique, c’est à dire que la boucle est bouclée : on veut finalement répondre à une équation simple, on a un robot qui veut satisfaire un internaute, donc un humain, et nous on doit comprendre comment un robot d’y prend pour satisfaire un humain.
SD: Voilà, exactement ; c’est vraiment tout le nœud du problème, c’est que Google dit « il faut faire un site pour l’utilisateur » mais ça c’est ce qu’il dit, mais ce qu’il fait, c’est qu’il n’a pas un utilisateur, il a un robot, donc il faut comprendre ce que Google veut dire par « satisfaire un utilisateur » et ce sont deux choses complètement différentes.
LB: Et aujourd’hui, est ce que tu es d’accord avec moi sur le fait qu’on peut prétendre servir un site théoriquement quasiment parfait à Google, on sait ce qu’il veut, en tout cas on l’a compris.
SD: ah.. au premier ordre, dans les grandes lignes oui; dans le détail, je pense que non et qu’on n’aura jamais toutes les infos, toute la data pour savoir exactement ce que Google veut et comment il fait sa cuisine.
LB: Alors, on s’en fout à la limite de comment il fait sa cuisine ; pour nous la vérité elle est à l’écran,
c’est à dire que tu montes ou tu montes pas
SD: Voilà, et la grosse différence, c’est aussi qu’on n’a pas besoin d’être parfait, il suffit d’être un petit peu meilleur que les concurrents et on sera devant, donc ça laisse aussi une grosse marge de manœuvre.
LB: Toi, t’es plus positif par rapport à la qualité du web parce que moi je dis « il faut qu’on soit moins mauvais que les autres »
SD: Ouais 😀
LB: Bon, malheureusement, d’avoir un site parfait ça ne te garanti pas d’être numéro 1, parce qu’il y a d’autres signaux qui sont off page…
SD: Exactement
LB: Mais à ton avis, parce qu’on m’a souvent posé la question, est ce qu’on ne serait pas allé trop loin avec cette histoire d’intention tu vois, sur les personas etc : est-ce que tu penses que vraiment Google est capable d’aller à ce niveau là de…
En tous cas pour la version desktop du search, ne parlons pas du predictive search et d’autres techno où là, oui, c’est clair et net ils sont même bien loin devant, mais pour la version desktop, pour le Google qu’on connait, où est-ce que tu sens qu’il peut évoluer à ce niveau là, est ce qu’un jour il va comprendre ce qu’il lit ?
SD: Non ; comprendre ce qu’il lit, ils aimeraient bien et ça c’est un peu l’intox;
Par contre, creuser de plus en plus l’intention qu’il y a derrière les requètes utilisateur, oui, ça ils le font de plus en plus et les dernières updates : Colibri, Rankbrain, ça va tout à fait dans ce sens là, c’est vraiment l’intention et là je pense qu’ils font vraiment des choses qui se démarquent de tout ce qu’il faisaient avant.
Le traitement des requètes conversationnelles, trouver les réponses et non pas les mêmes mots que dans la question ; ça, tout à fait, ce sont des choses qu’ils font et qu’ils vont faire de plus en plus.
LB: Et, tu sais, j’ai lu ce matin ; j’ai toujours dit qu’on était en avance sur les ricains et les anglais, et j’ai encore plus été conforté en regardant le « Whiteboard Friday » de Rand Fishkin, qui justement parle de topical machin, tu vois, et ils ont aussi un outil sur la suite de Moz Pro, mais c’est d’un ridicule…
On est vraiment en avance hein !
Faudrait que tu vois ça… Mais surtout ta spécialité finalement, de cartographie, d’une vue crawler qui est complètement inédite. On n’avait jamais vu ça auparavant, est ce que tu es conscient que c’est une sacré révolution de la vision d’un site ?
SD: A la fois c’est une révolution, et à la fois c’est un retour aux bases.
Parce que l’idée qu’il y avait derrière, au début, c’est de repartir des bases, d’essayer de voir le site comme un crawler, comme Google peut le voir. parce que quand Google découvre ton site, au début il a juste une url, une première page, et tout ce qu’il peut voir du site, c’est cette page là et les liens qui en sortent.
Donc ce premier contact, c’est quelque chose d’extrêmement important, et c’est là dessus qu’il va bâtir son avis, sa première opinion sur le site.
Donc ça c’est des bases qu’on connait, depuis 15 ans, et derrière j’ai voulu mixer avec une représentation graphique parce qu’en fait, le cerveau humain est construit comme ça, on peut analyser simplement des informations complexes quand c’est présenté sous forme visuelle, quand ça ressemble à des choses qu’on a l’habitude de voir ; des cartographies, des routes, des directions, ce sont des choses qu’ont sait appréhender de manière très simple.
Donc l’idée c’était ça, c’est de crawler les sites à la manière de Google, et de le présenter sous une forme qui soit assimilable simplement pour le cerveau humain.
LB: Bah, de toute manière, oui, personne n’a jamais prétendu avoir soumis de révolution, mais ce que je voulais dire, la révolution, c’est que tu as rendu de la data sexy, ce qui est un défi assez gigantesque;
c’est LE défi N°1; la data , tout le monde en a, après qu’est ce que tu en fais… et surtout comment tu vas l’interpréter, et comment tu abordes des actions concrètes;
SD: Et c’est ça qui est assez rigolo, en dehors même des actions concrètes, même sur des sites sur lesquels il n’y a rien à voir, ou des sites qui ne sont pas bons, les gens trouvent que le dessin est joli, que c’est de l’art, même s’il n’y a rien à voir, même si au niveau interprétation, c’est pas le bon exemple…
LB: Ouais, donc « joli site ranke bien » pour faire une déclinaison d’une citation de Marcel Dassault qui disait « bel avion vole bien »
SD: Ouais, ça c’est net, et sur les sites qui sont vraiment bien conçus, ou ce qu’on avait en tête, ça a été transcrit au niveau de l’arborescence du site, on se rend compte que dans les différentes facettes, les différentes visualisations qu’on peut observer, dans tous les cas c’est carré, on retrouve les mêmes choses, et c’est propre.
Et il y a d’autres sites qui peuvent sembler très nets, et sur quelques vues, et bien ça va sortir des clous, ca va être tout brouillé ; on voit vraiment la différence entre les sites qui sont carré de partout et ceux où il y a de petites choses qui pêchent. Et je pense que Google fait la différence lui aussi.
LB: De toute façon j’irai plus loin que ça. Je l’ai mentionné rapidement sur Twitter mais pour élaborer là dessus, la première fois que tu m’as montré donc cocon.se en mode SaaS, qui sera bientôt disponible au public, c’était pour traiter un cas très particulier d’un cocon qui était « coincé » et grâce à la visualisation, il y a très concrètement eu une action très importante de faite pour rétablir la situation, parce que tu as trouvé une faille, en gros des duplications d’url, une « perte de jus » qui était assez pharaonique.
Mais c’est pas que de l’art, il y a de vraies actions, de vrais enseignements à tirer de ces cartographies
SD: Oui, c’est un bel exemple ; il était dans les slides que j’ai présenté ce matin, c’est un bon exemple où avec la bonne visu, en quelques secondes, on peut mettre le doigt sur un point bloquant extrêmement important.
LB: En tout cas moi, en prédisant facilement l’avenir, je peux dire que ce type de visualisation va devenir un standard ; parce que tu as été le premier qui a lancé, qui a dit « Y’en a marre de Gephi, ca fait chier, c’est moche, je veux trouver un moyen un peu plus joli » parce que y’avait que Gephi avant toi.
SD: Oui ; le problème de Gephi, c’est aussi son point fort, c’est que ça peut tout faire, avec les graphes et les réseaux, donc ça traite des problèmes d’épidémies, de feu de forêt, de gestion de communauté… et on peut l’utiliser avec des graphes de site web, mais c’est pas quelque chose qui a été conçu pour visualiser un site web, donc forcément si on le prend dans l’autre sens, qu’on sait que ce qu’on va cartographier : ce sont des sites web, ce sont des arborescences, on veut mettre en évidence des structures de type cocon : c’est pas l’algorithme standard qui va bien fonctionner, il faut quelque chose qui soit adapté à ce qu’on veut observer.
Donc il y a eu un parti-pris dès le début, pour pouvoir bien observer les sites.
LB: Bon, ben écoutes, je regrette d’autant plus de ne pas avoir été là, parce que ça avait l’air passionnant, ta présentation.
Tous les ans, au Teknseo, tu apportes un gadget. Quel était le gadget de cette année ?
SD: Cette année y’avait pas de gadget électronique 🙂 j’aurais pu prendre, mais je l’avais déjà amené l’an dernier, le petit gadget avec le jeu de la vie, là cette année le jeu de la vie était sur un slide mais je ne l’avais pas pris en vrai.

LB: Pas de gadget cette année en exclu ? Je regrette moins alors de ne pas être venu.
SD: T’aurais été là, j’aurais peut être fait un effort 😉
LB: Bon ça marche, eh bien merci Sylvain et bonne soirée, faites attention à vous ce soir, ne finissez pas dans le caniveau comme d’habitude !
SD: Ouais, pas comme d’habitude, on va essayer de faire un effort comme t’es pas là.
La vidéo :
Le site du TeknSeo : http://teknseo.com
Les autres interviews du Teknseo sur la chaine de Laurent Bourrelly
Crédit image coévolution : http://www.canstockphoto.fr/Andreus/
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